Le Kaytaal’Sokaan, l’Empire des masques

Depuis la Grande translation des Cinq Rhunat, en 11 089ci, la civilisation Saadrah a connue bien des transformations, frôlant plus que n’importe quelle autre culture une extinction totale. Le Kaytaal’Sokaan est un creuset où les Invocateurs tentent d’apprendre de leurs erreurs passées, tout en conservant des traditions plusieurs fois millénaires. Les sept Maisons-sorcières règnent toujours, mais ont appris à bien moins requérir l’aide des démons de Drenegg-Karse, jadis alliés, désormais perçus comme de dangereux ennemis. Les Millénaires primordiaux ont également amenés leur lot de bouleversements, et de nombreuses communautés sont depuis lors formées de Génasi et autre métisses élémentaires.

L’Empire des masques reste cependant une terrible magiocratie, où les secrets des Sorciers sont toujours bien vivaces, et où bon nombre de mages viennent en pèlerinage afin de s’initier aux dangereux rituels de l’Empire des Soixante Sphères.

La Sphère de Tyaleerth-Knalaath est un orbe noir baignant au milieu d’une région où la Foudre et le Vide prédominent. Ceux qui empruntent les voies tumultueuses du Phlogiston risquent gros en approchant de cette Sphère de cristal, car si les éclairs de foudre peuvent briser les coques les plus solides, ce sont les éclairs de néant qui représentent le plus grand danger. Les Saadrah ne s’aventurent guère dans un tel environnement, mais ils ont conscience de la relative sécurité que leur offre ce milieu hautement hostile à la Vie.

La face intérieure de la Sphère de cristal est recouverte par un vaste océan pétrifié dans de sombres glaces durant une bonne partie de l’année, mais redevenant liquide le temps de ce que les Saadrah nomment la Saison de la Souffrance froide. L’Océan extérieur est le domaine de monstres colossaux, les Shorgorym, qui migrent de temps à autre vers les lunes Saadrah afin d’y provoquer chaos et destruction. Face à un tel fléau, tous les peuples vassaux des Maisons-sorcières se savent engager dans une guerre éternelle, et d’importantes ressources sont sacrifiées afin d’assurer la défense des domaines les plus fragiles.

Le système de Tyaleerth-Knalaath se compose de deux planètes liquides, en orbite autour de Kaytaal, un énorme soleil couleur émeraude, dont le rayonnement favorise grandement la sorcellerie Saadrah. Le monde de Tyaleerth est pris dans une tempête éternelle, et sa surface est le domaine des Gobelins Shanko, qui se regroupent en communautés insulaires nombreuses. Un chapelet de douze lunes telluriques est pour sa part occupé par six peuplades vassales des Maisons-sorcières depuis plusieurs dizaines de millénaires, ce sont les Masques-gardiens, qui forment l’essentiel de la force militaire du Kaytaal’Sokaan. Plus proche du soleil vert, le monde de Knalaath est un vaste océan aux eaux peu profondes, bénéficiant d’un climat très doux. La planète fut offerte en tant que havre à plusieurs seigneurs primordiaux, alliés des Saadrah, qui pour leur part vivent dans un chapelet de onze lunes dont une moitié également à l’état liquide.

Mais l’Empire des masques ne se limite pas au système de Tyaleerth-Knalaath. Les Saadrah et leurs vassaux ont en effet étendus discrètement leur civilisation à travers bien des régions du Phlogiston, employant la Langue de Meltzekker pour en faire un réseau sans précédent d’Anneaux de Translation, touchant ainsi l’ancien Haut-Runath, également nommé Runatha, dans la Sphère connue de Saahmsaan. Là, les Maisons-sorcières furent durement touchées par le Raz-de-marée Neshphandorien, et rebâtissent avec difficulté les fondements de leur nouveau sanctuaire secret. La Sphère oubliée d’Oss-Kyessat a également été annexée par le Kaytaal’Sokaan qui puise dans le vortex d’énergie négative tenant lieu de soleil de quoi forger de terribles reliques, en prévision d’une conquête totale de cette région.

Les Saadrah sont les héritiers des rituels Clydön, lorsque l’empire de ces derniers se tourna vers l’adoration des Baatezu. Doués pour manipuler les énergies magiques, les premiers Saadrah asservis par leurs conquérants furent initiés à la conjuration démoniaque et devinrent les Invocateurs. Leurs sept Maisons-sorcières étaient alors neuf, mais le Grand soulèvement des peuples plus jeunes amena la ruine sur deux d’entre elles. Il s’agit de lignées anciennes, étroitement liées à des pactes avec des entités infernales, mais dont les descendants actuels se sont finalement affranchis.

Les actuelles sept Maisons-sorcières saadrah ont subies de profondes transformations depuis leur arrivée dans les Orbes impériaux, et même si leur organisation interne n’évolue guère, les pratiques magiques façonnant l’Empire des masques sont très différentes de celles des ancêtres jadis vassaux des Sorciers. Plus que chez n’importe quelle autre culture liée aux Vestiges Rhunat, la société Saadrah s’est vue affectée par les Millénaires Primordiaux, qui ont permis aux Maisons-sorcières de s’éloigner des seigneurs de Drenegg-Karse. Et tandis que la magie élémentaire liée aux perles Sahuaaj déclinait, les Exaali de l’époque étudièrent une voie nouvelle, combinant les connaissances infernales aux forces élémentaires. La magie des masques devint l’apanage des Saadrah.

Si les Maisons-sorcières rassemblent l’essentiel de la population Saadrah, elles sont composées de familles aux puissants lignages, mais pouvant tomber en disgrâce, ou tout simplement décliner. Une Maison-sorcière regroupe traditionnellement deux grandes familles, entourée d’une pléthore d’autres lignages mineurs. La nature même des Saadrah les poussent à la confrontation entre eux, leurs Maisons-sorcières étant en effet sous l’autorité d’un unique Exaali. Traditionnellement, ce seigneur, qu’il soit mâle ou femelle, s’entoure de conseillers liés à la seconde des grandes familles. Ces individus s’assurent de faire respecter les décisions de leur maître, mais peuvent également les contester au sein d’un conseil, le Naytaal. Ce sont également eux qui désignent les Nexaal, des sorciers puissants en charge de cités ou devant mener des cabales étudiant des forces ou des êtres précis. L’autorité d’un Nexaal peut être contestée, mais si sa responsabilité engage l’avenir de la Maison-sorcière, il peut recevoir le soutien du Naytaal, voir de l’Exaali en personne. De même, si l’ambition individuelle est encouragée à l’extrême dans la culture Saadrah, tous les litiges se règlent via le Naytaal, qui se voit chargé d’organiser procès et duels mystiques. Ce corpus de lois ne s’applique cependant qu’aux lignages Saadrah, des vassaux impliqués dans les affaires de leurs maîtres étant sommairement exécutés, à la convenance du Saadrah lésé.

Chaque famille d’une même Maison-sorcière possède des traditions communes, qui sont transmises aux jeunes générations. La procréation était jadis une affaire également très codifiée, supervisée par une caste de sorcières veillant à la pureté du sang Saadrah, mais avec une population de plus en plus réduite, les maisons se sont finalement montrées plus laxistes et autorisent des individus de familles différentes à procréer. Cette nouvelle coutume s’arrête cependant aux limites de la Maison-sorcière, et uniquement entre Saadrah possédant un pouvoir magique au moins équivalent. Les enfants sont éduqués ensembles par une cabale dont le potentiel mystique des membres s’est avéré décevant. Ils éduquent les jeunes générations dans les coutumes et traditions de la Maison-sorcière, puis passent le relais aux sorciers des familles.

Toutes les tâches subalternes sont laissées à des serviteurs, et il est rare que les Saadrah éprouvent une quelconque forme d’empathie pour ces vassaux, pratiquement invisibles à leurs yeux, car sans réelle capacité pour manipuler les forces magiques. Les Maisons-sorcières ne pratiquent cependant pas l’esclavagisme, elles offrent le plus souvent des contrats de servitude, et laissent leurs intendants en charge de toutes les affaires liées à leurs servants. Il en va également ainsi du commerce et des métiers des armes, qui n’intéressent pas du tout les Saadrah. Chaque famille dispose de son intendant, le Paalaan, qui à l’autorité suffisante pour se faire obéir des serviteurs, et gère les affaires familiales. Un Paalaan doit cependant composer avec le Naalaan, responsable du négoce des ressources de la famille, et un Kaalaan, le chef militaire. Hormis éventuellement l’Exaali et les membres du Naytaal, il apparaît clairement que les Saadrah n’ont aucune notion de valeur, tant matérielle qu’individuelle. Certains individus retors profitent fréquemment de cette ignorance pour s’enrichir et devenir de puissants individus à travers les Orbes impériaux. Mais duper les Maisons-sorcières reste malgré tout un jeu risqué, amenant au mieux une mort rapide de tous les membres du lignage de l’individu, au pire une très lente agonie. Ces trois positions vassales sont également soumises au prestige de la famille qu’elles servent. Le Kaalaan en charge de l’armée de la maison d’un Exaali dispose bien entendu de ressources conséquentes, afin d’assurer le prestige de son maître sur le champ de bataille. Ces titres ne sont pas en vigueur parmi toutes les familles Saadrah, la culture du Kaytaal’Sokaan encourage en effet le développement des arts mystiques, et la guerre ou le négoce peuvent parfois être perçues comme des entreprises bien trop dégradantes, et des profits sont alors fait par ces biais uniquement via de nombreux intermédiaires.

De fait, l’Empire des masques ne possède pas véritablement de monnaie, non plus qu’elle ne possède d’armée arborant sa bannière. Pour un domaine où plusieurs Maisons-sorcières se partagent le pouvoir, un conseil formé des différents Naytaal est constitué. Ce Baytaal a pour charge de regrouper toutes les ressources nécessaires afin d’assurer la prospérité de tous les Saadrah. Par souci de commodité, un intendant est nommé pour servir ce conseil élargi, et depuis peu, Naalaan et Kaalaan sont également appointés. Vu de l’extérieur, le Kaytaal’Sokaan est sur le déclin, et les armées des vassaux n’ont jamais autant été sollicités que ces dernières années. Les Saadrah consacrent néanmoins leurs efforts à de grands projets impliquant toutes les Maisons-sorcières, et les différents Baytaal concentrent toutes les aspirations de ce peuple redoutable.

Véritables maîtres de la Langue de Meltzekker, les Saadrah ont appris à user des Anneaux de Translation afin de rallier de lointains systèmes. Ils passent aux yeux des autres peuples des Orbes impériaux pour une espèce en voie d’extinction, encore redoutable, mais incapable de participer aux grands projets de conquête proposés par le Haut-Cercle Rhunat. Nul ne se doute que les Invocateurs sont déjà bien infiltrés à travers les Sphères Connues, et que leur force véritable reste encore dissimulée.

Les sept Maisons-sorcières

La plus ancienne Maison Saadrah est celle des Kyosaal-Naarii, qui fait remonter ses origines à l’apogée de l’empire Kyosaal, dans l’actuelle Sphère de Janestuur. Maîtres d’une forme de cryomancie dont les pouvoirs se transmettent de manière héréditaire, les Kyosaal-Naarii limitèrent toujours leurs interactions avec les entités démoniaques, et furent les premiers à invoquer de sombres esprits élémentaires. On leur prête quelques accointances avec les mystérieuses Puissances connues sous le nom des Cent-mille Salins, sans que leur relation ne soit clairement définie.

Pour sa part, la Maison de Karsaan-Kaluu conserve toujours ses pratiques d’invocations démoniaques, et jamais ses pactes avec les karséens n’ont été aussi nombreux. Sous la férule de l’Exaali Nyreth-Baln-Karsaan (Saadrah / Sorcier saadrah 21/ NM), la Maison limite sciemment l’usage de la magie des masques, et préfère suivre les anciennes traditions remontant à l’Âge des Conquérants.

La Maison-sorcière Agreelm-Naalraa est connue pour ses pactes élémentaires liés aux Trombes, une mystérieuse dimension faite d’Eau et de violence. Particulièrement agressifs, les sorciers de cette antique lignée sont souvent considérés comme le bras armé de la caste régnant sur le Kaytaal’Sokaan. L’Exaali Bryth-Nayat-Agreelm (Saadrah ♂/ Sorcier saadrah 19/NM) est connu pour la horde d’élémentaires qu’il peut invoquer et que ses ennemis connaissent sous le nom de la Pluie vengeresse d’Agreelm. Une invocation cataclysmique en mesure d’altérer le climat d’un monde.

Ekyeln-Paaraan est le nom de la Maison-sorcière ayant instaurée la tradition des masques dans la culture Saadrah, et se veut la garante des nouvelles coutumes mystiques. Si la famille Ekyeln favorise la fusion entre magie des masques et pactes infernaux avec les démons de Drenegg-Karse, leur pendant de la famille Paaraan explorent la voie des masques sans l’aide de telles créatures, mais cependant avec le concours de mystérieuses entités, les Kaytarii, qui règneraient sur une dimension entière.

Les Tuhaad-Draniil forment une autre Maison-sorcière suivant les préceptes mystiques de la magie des masques. Souvent considérés comme des vassaux des Ekyeln-Paaraan, les membres de cette maison développent en secret de puissants rituels et ont leurs propres pactes avec les karséens. Très actifs au sein du Kaytaal’Sokaan, leur nombre important compense le peu de puissants sorciers dans leurs rangs.

La Maison-sorcière Valkaaj-Kaniil suit également la voie des masques, et ses plus prestigieux représentants, comme la Nexaal Rindil-Piajaan-Kaniil (Saadrah ♀/ Sorcière saadrah 15/ NM), servent fréquemment d’émissaires face aux délégations des autres Vestiges Rhunat. Les sorciers de cette maison manipulent l’énergie primordiale de l’Eau, et possèdent de nombreux dons élémentaires qu’ils renforcent d’une génération à l’autre, par des unions propres à leurs familles.

Enfin, la plus jeune des Maisons-sorcières Saadrah, celle des Magraal-Tyaruu, est connue pour être liée depuis longtemps avec les entités d’Oon’shaadh. Pratiquant la magie des masques, cette maison s’est relevée plusieurs fois de ses cendres, et l’Exaali Oon-Kyataal-Tyaruu (Saadrah ♂/ Sorcier saadrah 28/ LM) en assure la protection, après avoir adopté une forme non-morte cinq siècles plus tôt. Il se dit que les membres de la famille Tyaruu sont tous de redoutables spectres d’ombre, et que seuls les Magraal conservent une enveloppe mortelle.

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Catégories : Les Orbes impériaux, Peuples du Vide, Sphères de cristal | Étiquettes : , , , , , | 4 Commentaires

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4 réflexions sur “Le Kaytaal’Sokaan, l’Empire des masques

  1. encore une culture avec un beau potentiel. Tu devrai essayer de dessiner des objets ou des créatures du quotidien.

  2. Heureusement qu’ils font leurs magouilles en secret, leur « empire » ne tiendrait pas longtemps face à une bande de niveau 15, genre un guerrier cormyrien investi d’un fragment d’âme de dragon stellaire, une magicienne septeri, un prêtre de Ptah et un perceur de pyramides, par exemple…

  3. Mais c’est qu’ils m’ont l’air de bien s’entendre en plus!

  4. j’aime beaucoup, et les liens aussi, on discerne mieux la trame diabolique.

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