Les Puisards gris

La réalité nexo-élémentaire des Puisards est une sinistre étendue de terre sombre et craquelée, criblée de fissures et de trous semblables à des plaies suppurantes d’où s’échappent aussi bien des geysers d’une substance grisâtre et liquide, que des brumes toxiques recouvrant soudainement et durablement la surface. Un ciel gris sans astre couvre cette désolation et laisse tomber sur l’étendue un pâle rayonnement ne déclinant jamais, propre à susciter des mirages.

Les Puisards gris semblent avoir été à l’origine des phénomènes naturels, simples mares de matière toxique parsemant le désert connu sous le nom du Hadj’aakaal. Les N’uru’N ignorent tout au sujet de ceux qui vinrent avant eux pour creuser les profonds puits, ils n’en savent guère plus sur la source de pouvoir à laquelle ils sont liés par le biais du Nexus des Eléments infinis. Quelques peuplades nomadisent prudemment entre les Puisards gris, prenant grand soins d’éviter les projections liquides des geysers, comme les larges bans de brumes mortelles. Le plan d’existence est cependant traversé par bon nombre d’arpenteurs, car de nombreux vortex mènent en ce lieu, et permettent d’en sortir, faisant des Puisards une croisée planaire intéressante.

Les Puisards grisSeigneurs : Les Kzal’Tuun’rhuu, également désignés sous le nom de Seigneurs des Brumes, sont quatre seigneurs N’uru’N se partageant un vaste domaine délimité par un cercle de puisards à partir desquels ils peuvent lever un rempart de brumes grises, en mesure de tuer pratiquement tous les êtres vivants. Le territoire ainsi protégé abrite une population N’uru’N de trois milliers d’individus, répartis en une dizaine de communautés vassales des seigneurs, qui règnent depuis de hautes citadelles dominant l’étendue des Puisards à perte de vue. Contrairement à beaucoup de leurs pairs au sein du Nexus des Eléments infinis, les Kzal’Tuun’rhuu ne se montrent que très peu intéressés par de nouvelles conquêtes planaires, ils sont considérés comme de taciturnes ermites, et consacrent leur temps à étudier et développer une forme de magie basée sur les forces régnant à travers les Puisards gris.

Plus ancien parmi les siens, le Seigneur Tuu’nio Tuun’rhuu (Pl N’uru’N ♂/ Puisatier gris 20/ NM) règnerai depuis sept siècles depuis sa forteresse de Nas’kuu’nio et compterai parmi les plus puissants sorciers N’uru’N. Il est surtout connu pour sa capacité à octroyer des pouvoirs à ses serviteurs, pour qui il est considéré comme une divinité sombre et froide. Les capacités ainsi partagées par Tuu’nio Tuun’rhuu sont des dons pour les autres N’uru’N, mais consument immanquablement ceux des autres espèces espérant acquérir puissance et prestige au sein des Puisards gris. Le Kzal’Tuun’rhuu étudie surtout l’étrange fluide corrupteur imprégnant le sous-sol de cette réalité, et qu’il désigne du nom de Sang-gris. Beaucoup suggèrent que son impressionnante longévité serait liée à son immersion quotidienne dans un bassin de ce liquide, d’autres envisagent que même sa capacité d’octroi de pouvoirs soit en corrélation avec ce rituel, cela malgré que d’autres anciens N’uru’N aient également pu développer une telle particularité ailleurs dans le Nexus des Eléments infinis.

Luhaa Tuun’rhuu (Pl N’uru’N ♀/ Puisatière grise 15/ N) est aussi connue sous le nom de Sorcière grise. Elle règne depuis la petite citadelle de Preln’hajaat et reste la plus connue des Kzal’Tuun’rhuu à l’extérieur des Puisards gris. Préférant se tenir en retrait et conseiller les autres seigneurs N’uru’N durant les campagnes planaires, sa magie est basée sur la dissimulation et la manipulation. Mais contrairement à de vulgaires illusionnistes, les sorts hautement spécialisés de Luhaa Tuun’rhuu sont souvent mortels, ou tout du moins particulièrement douloureux, ils emploient une forme maîtrisée des brumes émanant des Puisards gris, pouvant être transportée dans des fioles et servant de composant matériel pour les sortilèges. La Sorcière grise s’intéresse aux phénomènes planaires apparentés aux brumes qu’elle maîtrise, comme les forces obscures du Demi-plan de l’Effroi. Elle n’hésitera jamais à suivre sa propre quête, abandonnant des seigneurs N’uru’N qu’elle accompagnait dans une campagne planaire, pour pouvoir étudier une forme de magie proche de la sienne.

Eneel Tuun’rhuu (Pl N’uru’N ♂/ Puisatier gris 14/ N), le Nécromancien gris, est un individu reclus dans sa place-forte de Tenel’ilod où bien peu de ses suivants peuvent obtenir audience. Les serviteurs de la forteresse sont tous des non-morts imprégnés par le sang-gris et possédant une volonté réduite qui leur permets de vaquer à leurs occupations. Le Kzal’Tuun’rhuu n’apprécie guère la compagnie des siens, et semble se concentrer sur de longues transes contemplatives, qui lui permettraient de créer un lien avec les forces planaires des Puisards gris. Eneel Tuun’rhuu donne de temps à autre audience à des arpenteurs planaires en quête de savoir occulte, et partage alors une impressionnante connaissance sur les rituels nécromantiques, aussi bien ceux liés à la réalité nexiale que d’autres, normalement inaccessibles aux N’uru’N.

Le plus jeune des Kzal’Tuun’rhuu, Nelhat’urio Tuun’rhuu (Pl N’uru’N ♂/ Puisatier gris 12/ N), est apparus dans la réalité des Puisards gris il y a seulement un siècle, mais sa maîtrise de la magie des brumes en a fait un véritable seigneur, rassemblant autour de lui de nombreux combattants N’uru’N formant l’Ordre des brumes-lames, le bras armé du domaine et unique faction militaire de cette réalité. Bien qu’il se consacre à l’étude mystique, Nelhat’urio Tuun’rhuu cherche à renforcer les rituels employés par le Nécromancien gris afin de former une légion de non-morts puissants. Il se consacre au sang-gris plutôt qu’aux brumes, mais développe essentiellement des sorts offensifs pouvant servir durant des campagnes planaires.

Natifs : Seuls les N’uru’N semblent occuper présentement la réalité nexiale des Puisards gris. Plusieurs communautés nomades arpentent également les lieux, mais ne font que rarement des haltes sur l’étendue aride et inhospitalière de l’Hadj’aakaal. Les quelques milliers de N’uru’N regroupés autour des Seigneurs des Brumes sont essentiellement des sorciers, initiés aux mystères des Puisatiers gris. Tous sont liés par le sang-gris qu’ils s’inoculent en doses infimes, développant ainsi une résistance, et acquérant en retour des pouvoirs surnaturels. Cette pratique fait que ces N’uru’N, bien qu’à l’origine de nature extraplanaire, soient considérés comme des natifs.

Les Puisards gris possèdent en outre une faune singulière et se résumant à deux espèces de prédateurs mortels. Les Tunuru sont des vers fouisseurs de grande taille, creusant des galeries provoquant fréquemment des effondrements à la surface. Leur chair est toxique, et les plus âgés peuvent projeter un souffle de sang-gris corrosif. Leur présence dans une région indique l’existence d’un puits, et certains chasseurs les traquent afin d’extraire une glande dans laquelle une infime dose de sang-gris est métabolisée en une potion d’invulnérabilité.

Le Razak, ou tigre des brumes, est un dangereux prédateur prenant consistance uniquement au sein des bans les plus denses. Créature nexo-élémentaire par excellence, il ne peut conserver de forme physique en étant hors de la brume. Le danger représenté par un razak tient en sa capacité à agripper ses proies, pour les attirer dans un repli dimensionnel au sein des brumes, et lorsque ces dernières disparaissent, les chances de retrouver les infortunés se réduisent à rien. L’on suppose que le tigre des brumes dévore ensuite ses victimes, bien que sa nature magique doive normalement le dispenser d’un régime carnivore.

Royaumes : le domaine des Kzal’Tuun’rhuu est nommé Tuun’aakaal, et hormis sa frontière constituée de puisards proches les unes des autres, il s’agit d’une étendue aride de terre noire craquelée. Les quatre cités aménagées autour des citadelles sont bâties à partir d’une roche grise veinée de noir, que les Puisatiers gris parviennent à faire remonter depuis les entrailles de leur réalité, grâce à leur magie. L’architecture locale se résume à des tours aux ouvertures étroites et reliés entre elles par de nombreuses passerelles. Aucune fortification ne ceint ces petites cités N’uru’N, et chaque individu se doit de pourvoir lui-même à ses propres besoins. Les bâtiments sont fonctionnels, sans ornementations, et les parois intérieures servent généralement de supports aux recherches magiques des occupants. Les N’uru’N des Puisards gris ne pratiquent pas l’esclavage mais disposent de serviteurs qu’ils recrutent dans les autres dimensions, ce sont eux qui s’organisent pour acheminer des biens et des composants de sorts commandés par leurs maîtres, et qui forment ainsi un lien avec l’extérieur. Aucune guilde n’existe cependant pour mutualiser des ressources, et les N’uru’N n’ont en réalité que peu de traditions communes.

Le Tuun’aakaal est une magiocratie sans aucune influence outreplan, et dont les seigneurs n’ont guère d’intérêt pour les intrigues liées au pouvoir. Comme dans la majorité des autres domaines N’uru’N, les Kzal’Tuun’rhuu règnent de par leur lien avec le Nexus des Eléments infinis, et il est arrivé que certains ambitieux sorciers tentent de les destituer, sans succès. Les N’uru’N des Puisards gris sont liés essentiellement par leurs traditions mystiques, ils partagent entre eux leurs connaissances et voient les Kzal’Tuun’rhuu comme de puissants guides, en mesure de les mener à travers le dédale du Nexus. En contrepartie, les Seigneurs des Brumes profitent des serments de vassalité des autres N’uru’N pour accroître régulièrement leurs connaissances, et disposer de disciples dévoués.

L’Ordre des brumes-lames

Les recherches du jeune seigneur Nelhat’urio Tuun’rhuu concernant le sang-gris l’amenèrent à tenter de lier d’autres N’uru’N à sa propre essence magnifiée par le Nexus. Les premiers Brumes-lames qui survécurent à l’expérience partagèrent ainsi les pensées, et surtout un fragment de la puissance de leur maître.

Sorciers manipulant les brumes des Puisards gris, les Brumes-lames se sont surtout formé au combat durant les campagnes planaires de leur peuple. Ils manient des armes faites de cet élément nexo-élémentaire, et les plus forts peuvent également altérer leur corps grâce à cette force.

Cités : Nelt’urio, la Cité des brumes-lames, est le cœur du domaine du Kzal’Tuun’rhuu Nelhat’urio Tuun’rhuu, le plus jeune seigneur N’uru’N des Puisards gris. Bien plus petite que ses voisines, la cité est faite de tours comprenant trois à cinq niveaux, sans ouvertures vers l’extérieur hormis les arches reliées entre elles par de hautes passerelles agrémentées de statues. Le palais du Kzal’Tuun’rhuu se caractérise par d’imposantes fortifications prenant la forme de statues menaçantes, représentant les héros du jeune Ordre des brumes-lames. Les guerriers N’uru’N, guère plus d’une centaine d’individus, vivent au sein du palais, dans l’une des cinq tours massives où leurs sont passés tous leurs caprices.

Ordre des brumes-lamesNelhat’urio Tuun’rhuu entretien également un petit zocalo où ses serviteurs proposent de nombreux produits exotiques. Le lieu est sans comparaison avec un véritable marché, et les traditions mercantiles désorientent les N’uru’N, mais le seigneur compte ainsi attirer toujours plus d’arpenteurs planaires afin d’accroître son influence, aussi bien à travers les Puisards gris que dans le reste du Nexus.

La seconde génération de brumes-lames vivant actuellement au palais est en passe de former une caste à part entière, toujours loyale au seigneur car liée à lui par le sang, mais cherchant à renforcer son autorité au sein du Tuun’aakaal. Sous le commandement de Selh’nat’urio (Pl N’uru’N ♂/ Brume-lame 9/ N), l’Ordre a développé une culture du mercenariat plutôt surprenante dans la culture N’uru’N, mais les combattants restent cependant loyaux à leur peuple, et proposent leurs services uniquement aux seigneurs alliés de Nelhat’urio Tuun’rhuu.

Lieux notables : Les Puisards gris sont divisés en régions connues de tous les N’uru’N qui résident dans cette réalité nexo-élémentaire. Les phénomènes uniques sont rares, et pour sa grande part, le territoire n’est qu’une vaste étendue aride. Au-delà du bien connu Hadj’aakaal cependant, il existe des lieux étranges, où des traces des anciens qui creusèrent les puisards subsistent. Les Moires dévoreuses se rassemblent ainsi dans une région connue sous le nom de Nahd’aajaal, elles sont ce qu’il subsiste des puisards originels, et le sang-gris qui les emplit semble doué d’une forme de conscience capable de tendre des pièges aux imprudents s’approchant trop près. Les Moires dévoreuses possèdent toutes les caractéristiques de mimiques planaires et voraces, mais elles sont surtout connues pour leur capacité à rejeter certains individus, qui se voient alors imprégnés temporairement de pouvoirs très semblables à ceux des Kzal’Tuun’rhuu.

Autre lieu singulier, le Champ des vases grises est une vaste région où la roche craquelée laisse la place à des bassins de boue corrosive, où éclatent parfois des geysers. Les nomades Niij’kaal sillonnent le champ en empruntant des passages sûrs, ils utilisent en effet plusieurs vortex nexiaux rassemblés dans la région. Ils aident volontiers les arpenteurs égarés, troquant des pièces d’un cuir noir protégeant des projections de boue corrosive. Sur cette étrange contrée, les anciens des tribus Niij’kaal mentionnent des ruines de roche noire émergeant encore au milieu de certains bassins, ils reconnaissent l’architecture pour l’avoir aperçue ailleurs à travers le Nexus des Eléments infinis, mais ignorent tout de ceux qui vécurent en ce lieu.

Lois planaires : Bien que particulièrement inhospitalière, la réalité nexo-élémentaire des Puisards gris permet à de nombreux voyageurs de transiter d’une région à l’autre du Nexus. Gravité et lumière s’exercent selon des normes propres à de nombreux mondes du Plan Matériel Primaire, et les dangers inhérents à ce lieu peuvent être prédits, et contrés. Un fort axiome de Loi existe depuis l’émergence des Kzal’Tuun’rhuu, et toute forme de magie liée au Chaos voit son coût en points de magie majoré de +10%. En outre, les sorts et capacités permettant de se changer en brume nécessitent ici un jet de choc métabolique, sous peine de subir une perte de 1d4 points de vie/ niveau du sort.

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Catégories : Sphères de cristal | Étiquettes : , , , , | 2 Commentaires

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2 réflexions sur “Les Puisards gris

  1. Enfin tu abordes ces mystérieux N’uru’N. Regrouper des demi-plans hors de l’Ethérée est une bonne idée. Très Weiss et Hickman 🙂

  2. ils essaient de faire peur, comme dans un pseudo-ravenloft, pardon, un nexo-ravenloft!

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