Çânhêê, le Domaine des Écailles

Les arpenteurs planaires émergeant du Dédale découvrent une longue succession de vastes cavernes, dont les voûtes disparaissent derrière un épais nuage de vapeurs brûlantes. En ces lieux, l’horizontalité n’existe pas, et le sol, s’il en existe un, est également dissimulé sous une épaisse brume surchauffée. Mais Çânhêê reste un univers minéral, avec sa multitude de pics rocheux parfois si serrés qu’ils donnent l’impression d’approcher d’une muraille de pierre sombre.

C’est là le domaine de Dâjâlâât-des-Sept, une sinistre entité quasi-divine régnant sur d’antiques lignées draconiques, perverties par ses pouvoirs et se querellant sans cesse pour une vaine suprématie territoriale. Les Dragons de Çânhêê sont les principaux émissaires des Sept depuis plusieurs millénaires, redoutables et particulièrement intelligents, ils amènent subtilement la corruption de leurs maîtres partout à travers les mondes du Plan Matériel Primaire. Leurs antres au sein du Domaine des Ecailles sont de grands palais où s’accumulent richesses matérielles, mais surtout les âmes d’infortunés mortels, offertes en sacrifice à Dâjâlâât, qui reste ainsi la plus influente entité parmi ses pairs.

Hormis qu’il n’existe pas de surfaces horizontales à travers Çânhêê, les conditions climatiques et les lois planaires sont identiques à celles régnant dans le Plan Matériel Primaire. Des vents chauds forment de complexes courants aériens, favorisant les déplacements des dragons sur de très longues distances, et de nombreuses cavernes abandonnées offrent autant de haltes. Eau et végétation sont absentes de cette dimension, dominée par les forces de l’air et de la roche, et bien des voyageurs ont péris en recherchant ses ressources inexistantes.

Dâjâlâât-des-SeptPuissances : Dâjâlâât-des-Sept règne sans partage sur le Domaine des Ecailles, elle ne se manifeste que rarement et délègue son autorité à sept Mandatés draconiques, en charge de guider les clans de Çânhêê. Lorsqu’il lui faut se manifester physiquement, la Grande écailleuse prend l’apparence d’un dragon d’une taille démesurée, à l’échine hérissée de piquants et au crâne orné de six yeux imprégnés d’un halo carmin. Un septième œil, toujours fermé, surmonte les autres, et il se dit que lorsqu’il s’ouvrira, une vague sans pareille de pure malfaisance traversera les mondes du Plan Matériel Primaire.

Les quelques sages ayant étudiés les Sept et leur influence à travers les âges notent tous que si Dâjâlâât est incontestablement la maîtresse des dragons, son aura divine apparaît comme la moins intense au sein de ce panthéon. Pour certains, cela vient du fait qu’elle est la seule à partager son pouvoir entre plusieurs Mandatés, imprégnant même certains serviteurs draconiques de dons divins. D’autres pensent qu’un fragment de son essence est contenu dans son septième œil, et qu’il servira à l’accomplissement d’une terrible prophétie apocalyptique.

Natifs : Sept clans draconiques se partagent le Domaine des Ecailles, sept lignées anciennes, imprégnées par les pouvoirs divins de Dâjâlâât-des-Sept. Terribles créatures planaires sans liens évidents avec les autres espèces draconiques du Plan Matériel Primaire, les Dragons de Çânhêê servent tous la Grande écailleuse mais sont également vassaux des autres entités du panthéon. Les Dâsâmâât sont les seuls à servir exclusivement Dâjâlâât, ils sont de fait les plus favorisés au sein de Çânhêê, les plus nombreux, mais également les plus belliqueux. Dotés d’un seul œil, de griffes puissantes et d’une extraordinaire agilité en vol, leurs pouvoirs magiques sont par contre moins importants que ceux des autres clans.

Les Dânâmâât possèdent deux yeux écarlates et sont les plus petits représentants de leur espèce, ils sont également d’excellents changeurs de formes, et aiment patiemment étudier les peuples qu’ils vont chercher à influencer au nom de leur maître, Kyânhêê-des-Sept, maître du Domaine des Trônes.

Les Dâkânâât sont les serviteurs de Kyônôôr, le Corrupteur des lignées. Ils possèdent trois yeux, chacun imprégné par un pouvoir basé sur l’illusion, et cultivent soigneusement une apparence les rapprochant des dragons du monde d’Aebrynis, auxquels ils se mélangent pour influence les peuples de ce monde. Peu concernés par les conflits territoriaux au sein du Domaine des Ecailles, leur clan ne compte que peu de membres.

Les Dâtâlâât servent Âsânhêê, l’Immuable fléau démonique. Liés depuis toujours au monde de Kaerynis, ils sont les gardiens des traditions mystiques de l’ancien Empire des Cornes de glace, qu’ils essaient de rétablir parmi les clans Kînâlââ. Ennemis des Baatezu, ils agissent le plus souvent dans l’ombre, mais peuvent tenir tête aux plus puissants diables.

Les Dânârâât ont cinq yeux et servent Tuânlâât, maître du Domaine des Filets, ils n’ont pratiquement aucune interaction avec les mortels du Plan Matériel Primaire et préfèrent se regrouper sous les flots de Vû’ââl’rêê, où ils peuvent comploter contre le reste du Multivers. Extrêmement puissants physiquement, les Dânârâât disposent de pouvoirs magiques variés et souvent magnifiés par Tuânlâât.

Les Dâyânâât formaient jadis un clan puissant, et leurs six yeux leurs conféraient autant de pouvoirs destructeurs. Ils servaient Nyânrêêl, maîtresse du Domaine des Lames, jusqu’à ce que cette dernière soit vaincue après un terrible combat l’opposant aux jeunes Puissances du panthéon Cérilien. Les dragons participèrent tous à la bataille, et leur enveloppe physique fut vaporisée par l’onde de force qui transforma le domaine en une dévastation aride. Seule la volonté de Dâjâlâât permis aux Dâyânâât de survivre au sein du Dédale, sous la forme de dragons spectraux aux pouvoirs amoindris mais néanmoins conséquents.

Enfin, les Dâjâmâât forment certainement le clan le plus puissant de Çânhêê, chaque individu disposant d’un pouvoir majeur pour chacun de ses sept yeux. Serviteurs de Tyânlâât le Couronné, ils arpentent le Dédale afin de trouver de nouveaux passages vers des mondes où leur maître pourrait exercer son influence sur des peuples sans défense. Très indépendants, les Dâjâmâât n’ont pas grand intérêt à s’impliquer dans les conflits propres aux autres serviteurs des Sept, plusieurs préfèrent s’établir sur un monde et en prendre le contrôle.

Voyageurs : Les arpenteurs planaires sont peu nombreux à venir se risquer dans le Domaine des Ecailles, les Dragons de Çânhêê y règnent sans partage et dans le meilleur des cas, se contentent de dévorer les visiteurs. Des ruines existent aux abords des accès vers le Dédale, elles témoignent de l’existence de petites communautés qui parvinrent en leur temps à trouver un accord avec les habitants de cette dimension. Selon les objets et inscriptions laissées dans la pierre, il s’agissait de Kobolds et autres créatures liées par le sang à une espèce draconique. Malheureusement pour ces courageux colons, aucun Dragon de Çânhêê n’a jamais respecté un pacte.

Sites notables : Le Domaine des Ecailles s’avère bien plus vaste que les autres dimensions dominées par les Sept. Les dragons de Dâjâlâât contrôlent de vastes territoires particulièrement anciens, certains disent qu’ils forment le peuple le plus vieux à servir les mystérieuses entités. Les clans en eux-mêmes n’ont guère évolués dans leur forme, et les incessants conflits ont limités la création d’une unité au sein de leur société. Malgré tout, de nombreux sites sacrés et phénomènes planaires sont apparus au fil du temps, attirant souvent des arpenteurs en mal d’aventure.

Au cœur du territoire Dâjâmâât se trouve la Moire du Sombre éther, un passage planaire stabilisé par d’antiques rituels et occupant le centre d’une caverne à ciel ouvert, au sommet du Pic de Kâlnââstârââm. Les énergies du Dédale dimensionnel des Sept se combinent ici aux forces du Plan Ethérée, créant un passage vers la Bordure de ce dernier. Les membres du clan transitent par ce biais pour rallier plus rapidement des mondes connus au sein du Plan Matériel Primaire, en leur évitant un cheminement hasardeux à travers les méandres du Dédale.

Seuls ceux ayant reçu la marque de Dâjâlâât-des-Sept peuvent espérer pouvoir transiter dans une relative sécurité via la Moire du Sombre éther, les forces combinées ne se mélangeant pas harmonieusement, les phénomènes violents sont fréquents. Traditionnellement, les Dragons de Çânhêê inscrivent dans les parois de la caverne des notes indiquant les mondes reliés par la Moire, nul mortel n’a encore pu contempler ce lieu, beaucoup d’ailleurs s’interrogent sur les moyens employés par les Dâjâmâât pour se répandre si facilement à travers les Sphères de cristal, mais une rumeur voudrait que plusieurs centaines de planètes soient mentionnées dans la plus haute des cavernes du Pic de Kâlnââstârââm.

Les Cavernes froides d’Âsânhêê sont autant des geôles que des sanctuaires pour le clan Dâtâlâât. Il se dit de ces lieux que toutes les connaissances mystiques dérobées aux Baatezu sont regroupées dans les plus profondes cavernes, sous la protection de dragons non-morts, imprégnés par les dons de l’Immuable fléau démonique. Les Dâtâlâât amènent également là les dépouilles des démons qu’ils ont affrontés, et qui indiquent le rang de chacun au sein du clan.

Véritable forteresse éloignée de tous les accès menant au Dédale, le Pic de Mâlnâkâârât est en outre un gigantesque temple dédié à Dâjâlâât-des-Sept, qui s’intéresse aux nombreux usages liés à l’essence démoniaque des prisonniers. Au moins un Gelugon serait enfermé là depuis plusieurs siècles, et transmettrait de temps à autre des secrets de son peuple.

Vortex connus : Chacun des sept clans draconiques disposerait de son propre passage planaire outrepassant les méandres du Dédale dimensionnel des Sept, mais de tels portails, comme la Moire du Sombre éther du clan Dâjâmâât, impliquent de grands dangers, et d’importantes dépenses d’énergie magique. Généralement situés au cœur des territoires claniques, ces mythiques passages sont réservés à l’usage exclusif des Dragons de Çânhêê.

Phénomènes magiques : Au sein du Domaine des Ecailles, les conditions climatiques sont très semblables à celles d’une chaîne montagneuse en très haute altitude. Dâjâlâât est connue pour avoir une maîtrise totale sur les vents, et peut ainsi former de véritables remparts d’air glacial.

Aucun arpenteur planaire n’en a conscience, mais les nuages de brumes accrochés à la voûte des cavernes formant cette dimension contiennent des vapeurs condensées formant sur la roche des filets d’une eau chaude et au goût de soufre. C’est bien là l’unique source liquide disponible, qui possède en outre la propriété de protéger ceux qui s’y abreuve contre les pouvoirs d’illusion des Dragons de Çânhêê.

Altérations planaires : Dâjâlâât-des-Sept ayant un contrôle total sur les forces de l’Air au sein du Domaine des Ecailles, aucun mage ne peut puiser dans cette énergie, pas même avec une clé de sort. Tous les pouvoirs liés au Feu sont en outre comptés comme si le niveau de classe du lanceur de sort était réduit de -4.

Publicités
Catégories : Les Plans de la Roue ancienne | Étiquettes : , , , , | 7 Commentaires

Navigation des articles

7 réflexions sur “Çânhêê, le Domaine des Écailles

  1. ça ne pouvait pas être des écailles de gentil poissons!

  2. oh toi tu t’es visionné du shipuuden!

  3. Des dragons ayant un double emploi, c’est pas mal, et ça doit bien aider pour faire de la diplomatie 🙂

  4. dragons-ninja?

  5. Je suis curieux de voir un peu ce que donnent ces dragons, sous l’autorité de pseudo-divinités isolées.

  6. Pingback: Ânhêêl, le Domaine des Trônes | Les voyages de Deryn Naythas

Quelques traces de votre passage...

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

%d blogueurs aiment cette page :