La Sphère d’Ur-Natuaï

L’orbe ocre d’Ur-Natuaï est difficile d’accès, isolé sur un Courant mineur aux nombreux méandres. Aucun passage permanent n’existe, et les propriétés singulières du cristal rendent toute tentative pour pratiquer un passage éphémère par le biais de la magie bien plus difficile.

La face interne est encombrée par une barrière d’astéroïdes extrêmement dense et d’une épaisseur de plusieurs dizaines de kilomètres. La navigation est rendue difficile par ces énormes débris gelés, agités par des forces gravitationnelles mystérieuses. Le système d’Ur-Natuaï était jadis connu pour ses courants instables, trompant les meilleurs navigateurs et entraînant les spelljammers vers des destinations hasardeuses, l’absence de soleil était sûrement liée à ce dangereux phénomène, et il est probable que ceux qui tentèrent de créer une étoile au cœur de ce système cherchèrent à rétablir un certain équilibre gravitationnel global.

La ceinture extérieure d’Ur-Natuaï abrite plusieurs grands avant-postes de peuples anciens, humanoïdes filiformes dont les œuvres sont également visibles au sein de la Sphère Ancienne. Il apparaît dans leurs conceptions architecturales que ces êtres mystérieux partagèrent leur savoir avec au moins deux autres espèces, dont les signes bien visible de décadence indiquent clairement une fin sanglante.

 

Le système lui-même se résume actuellement à un planétoïde doté d’une atmosphère ténue, ainsi que de deux autres amas de débris qui furent sûrement des corps telluriques de faible dimension avant d’être victime d’un quelconque cataclysme cosmique.

Bien entendu, le corps spatial le plus surprenant d’Ur-Natuaï reste son soleil artificiel inachevé, fait de vastes dalles métalliques imbriquées sur une structure titanesque. La construction supporte également de grands ensembles de monolithes cristallins aussi étendus que de prospères métropoles. Un tel ouvrage reste inconcevable pour les peuples de l’Âge des Prétendants, et même les peuples anciens les plus connus n’osèrent jamais consacrer autant de ressources à un tel assemblage. Que les concepteurs du Natuaï-Ecton soient toujours désignés du nom de Peuple Ancien, sans que rien ne soit révélé de leur culture, renforce encore le mystère entourant cette étoile inachevée.

 

Histoire des Trois ères du Natu-Kama: Cette trame historique est méconnue des plus grands sages des Sphères Connues, elle fut jadis compilée par des voyageurs planaires doués de grandes capacités divinatoires, les Ezoroon furent ainsi attirés en leur temps par l’ambitieux projet du Peuple Ancien qu’ils observèrent longuement, avant que leurs propres pouvoirs ne se retournent contre eux et qu’ils soient plongés dans une interminable transe contemplative. Les corps pétrifiés des seize Ezoroon sont toujours là, dissimulés au cœur de Natuma, le dernier planétoïde du système à ne pas avoir été détruit par les forces gravitationnelles de Natuaï-Ecton.

 

L’Histoire des Trois ères du Natu-Kama est compilée dans seize mimir cristallins dissimulés dans un espace dimensionnel, au centre du cercle des statues Ezoroon. Elle parle tout d’abord des Junans, qui vinrent en petit nombre au sein d’un système de quatre planétoïdes se déplaçant sur une même orbite autour d’un soleil bleu qui n’était alors qu’un fragile brasier en train de s’éteindre. Intrigués par un tel agencement cosmique, les Junan du Jocton-Jamalik cherchèrent tout d’abord à raviver les énergies vacillantes du soleil bleu, qu’ils nommèrent Ecton, en l’honneur de leur guide. Les Hautes-sciences ne parvinrent cependant pas à régénérer le soleil et comme en bien d’autres lieux où leur peuple intervint durant l’Âge des Légendes, les Jocton-Jamalik provoquèrent un désastre cosmique. Un tiers de leurs nefs furent les premières victimes d’un terrible déchaînement gravitationnel résultant de l’extinction brutale d’Ecton. L’un des quatre planétoïdes fut également pulvérisé et l’onde qui heurta par la suite la face interne de la Sphère de cristal provoqua une altération de cette dernière, lui faisant réverbérer tous les courants gravitationnels.

Les survivants cherchèrent ensuite à développer des formes de Vie sur les trois planétoïdes restant. Leurs créations proliférèrent rapidement, mais encore une fois, le chaos gravitationnel provoqué par leur première expérience menaça les corps célestes ; Des ondes particulièrement concentrées disloquèrent deux autres mondes d’Ur-Natuaï, en ne laissant qu’un astre solitaire et ravagé.

Se désintéressant finalement de ce système, les Jocton-Jamalik abandonnèrent Natuma à son sort et ne laissèrent aucune trace de leur passage. L’ère Junane s’acheva ainsi.

 

Bien des millénaires s’écoulèrent, sans que nul à travers les Sphères de cristal ne retrouve le chemin d’Ur-Natuaï. Finalement, les At’narakaa apparurent sur Natuma après un hasardeux périple au sein de l’Ethérée. Cousins des At’uru, ils coloniseraient plus tard les mondes jumeaux de la Sphère Oubliée de Verdd, mais en ce temps, ils n’étaient que de simples explorateurs des réalités encore instables.

Natuma avait alors eu le temps de se régénérer, après les terribles cataclysmes cosmiques de l’ère Junane. Une flore se développait péniblement au sein d’un chaos rocheux et quelques vortex élémentaires avaient contribués à susciter une fragile trame magique. Les At’narakaa ne trouvèrent guère ce monde à leur goût, mais leur petite communauté était isolée là le temps qu’une nouvelle conjonction planaire favorable leur permette de poursuivre leur périple éthérée.

Tant bien que mal, les puissants êtres simiesques creusèrent plusieurs cavernes dont ils ornèrent les parois de leur Histoire. Rapidement, ils en vinrent à étudier les étranges courants gravitationnels entourant leur monde, comprenant qu’un terrible événement cosmique avait altéré les forces locales. Depuis leur planétoïde plongé dans d’éternelles ténèbres, ils en vinrent à percevoir que l’intensité des courants d’Ur-Natuaï leur permettait de se prolonger bien au-delà de la barrière cristalline. Usant de ce savoir nouveau, les At’narakaa empruntèrent ces voies dimensionnelles et atteignirent ainsi la Sphère de Verdd, où leurs descendants oublièrent tout de cet interlude.

L’ère At’narakaa s’achève ainsi.

 

Malgré leur souci du détail, les oracles Ezoroon ne parvinrent jamais à dater précisément l’arrivée du Peuple Ancien au sein de cette Sphère de cristal. De telles lacunes dans les déplacements de cette mystérieuse espèce ont été fréquemment relevées par des devins de peuples pourtant renommés pour leurs observations méticuleuses. Nul ne parvient à expliquer ces trous qui contribuent à fausser toute tentative d’établir une trame retraçant l’Histoire du Peuple Ancien.

Les premières références à la troisième ère d’Ur-Natuaï débutent alors que les premiers éléments du soleil artificiel sont assemblés à l’exact emplacement de l’ancien brasier bleu. Le Peuple Ancien ne fait pas usage de spelljammers et rien n’indique que ses membres soient des Psions aux capacités notables, ce sont des pouvoirs inconnus qui permettent à des individus évoluant sans mal au sein du Vide de diriger les titanesques travaux d’assemblage.

La référence au Natu-Kama vient de cette époque. Les Ezoroon perçoivent ce terme dans les étranges pensées de ceux qu’ils observent depuis des époques éloignées. Natu-Kama semble désigner une notion de Sphère de cristal blessée. Tout d’abord peu nombreux, guère plus d’une centaine d’individus, les nouveaux arrivants aménagent la ceinture extérieure pour établir de grands sanctuaires où sont hébergés deux peuples semblant être à leur service. Une société se développe dans un environnement pourtant hostile à la Vie. Les Djuar et les Kzye prolifèrent et tentent d’imiter leurs maîtres, qui pour leur part se concentrent sur leur grand œuvre au cœur du système local. Les Djuar sont très semblables aux membres du Peuple Ancien, ils possèdent le même aspect humanoïde filiforme, mais avec quelques traits reptiliens, belliqueux, sanguinaires, ils tentent d’approcher du Natuaï-Ecton et sont anéantis par leurs maîtres.

Les Kzye sont également filiformes, mais avec des traits insectoïdes. Ils consument les maigres ressources de la ceinture extérieure, régressent rapidement et tentent à leur tour de menacer le soleil artificiel en construction. Plusieurs de leurs nuées subsistent cependant au sein de la ceinture extérieure, avant qu’un nouveau déchaînement d’ondes gravitationnelles ne vienne pulvériser leurs habitats.

Par la suite, les visions des Ezoroon deviennent moins précises. Quelques références indiquent d’importants progrès dans l’assemblage du soleil géant, mais les observateurs planaires ont trop sollicités leurs capacités, et plusieurs commencent à se pétrifier dans l’obscurité de Natuma. La dernière divination recensée par les mimirs Ezoroon indique que les membres du Peuple Ancien sont rassemblés à la surface du soleil artificiel et semblent attendre que se produise un événement. Une lueur aveuglante illumine soudainement les ténèbres d’Ur-Natuaï, et les créateurs d’étoiles disparaissent ensuite soudainement.

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Une réflexion sur “La Sphère d’Ur-Natuaï

  1. Une sympathique petite sphère de banlieue, avec une très grosse relique intransportable, ça ne va pas plaire à tous le monde.

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