La Sphère de Chenaï

L’orbe laiteux de Chenaï est une Sphère de cristal dont la face extérieure semble avoir été labourée par des griffes titanesques, qui ont laissées de profondes crevasses dans la matière. La température de cette Sphère est extrêmement basse, menaçant jusqu’à l’intégrité des coques les plus solides.

Il n’existe aucun passage connu vers le système de Chenaï, et les tentatives pour ouvrir des portails éphémères s’avèrent toujours bien plus exténuantes que partout ailleurs.

 

De mystérieuses créatures primitives vivent au sein des larges et profondes fissures, elles sont constituées d’un cristal vivant semblable à du quartz, vivent en hordes de plusieurs milliers d’individus, et se nourrissent des éthers du Phlogiston. Les Zoleek, qui migrèrent à travers l’Agrégat de Chelonn, assistèrent et consignèrent une concentration de plusieurs centaines de milliers de ces créatures, qu’ils baptisèrent Chuzaruu. Les entités cristallines suivirent pendant plusieurs jours la courbe de la Sphère, avant de disparaître au sein des nuées gazeuses du Phlogiston. Depuis lors, les voyageurs naviguant au sein des Courants irisés de Chelonn peuvent apercevoir au loin des remous, engendrés par de massifs monstres des éthers, ou par une multitude d’entités de moindre dimension.

 

La face intérieure de la Sphère de Chenaï est parsemée de nombreux amas cristallins, au sein desquels brûlent des brasiers de feu blanc, ils sont les étoiles de ce système, et les variations de leur halo influencent depuis toujours les peuples des nombreuses lunes. Les N’uru’N méprisent la magie de ces brasiers, mais laissent leurs vassaux idolâtrer ces flammes froides.

 

Le soleil blanc de Chenaï est nommé Kzal’Kyorn par les N’uru’N. Son puissant rayonnement permet à l’énergie élémentaire de l’Air de prédominer depuis la création du système. Les cinq géantes gazeuses formant le cortège solaire sont des mondes de tempêtes éternelles et où seules les plus formidables créatures peuvent espérer survivre. Les N’uru’N se sont développés au sein d’un ensemble de petites lunes froides, particulièrement nombreuses dans ce système. Bien avant eux existaient d’autres peuples, qui colonisèrent les astres de Chenaï avant de succomber aux mystérieuses Marées élémentaires, un phénomène se manifestant sous la forme d’une concentration exceptionnelle d’une force élémentaire particulière, se déployant rapidement en une bande mouvante traversant le système et s’atténuant dans ses confins.

Kyorn’Jaznal est le monde le plus proche du soleil blanc. C’est une géante gazeuse dont les tons bleutés dominent, en larges bandes tourmentées par des cyclones en mesure d’engloutir des planètes de moindre dimension. Fréquemment prit comme épicentre des plus violentes Marées élémentaires,  Kyorn’Jaznal s’est vu imprégné de nombreuses forces qui ont fini par se combiner pour susciter un champ magique englobant ses quinze lunes, où les Kzal’Tanhruu, les Seigneurs de la Foudre, ont forgés un puissant empire N’uru’N.

Kanhru’Tanhlaar, seconde planète gazeuse du système, est un monde de vents brûlants et de nuages ocre. Berceau des Kanh’shoruuk, de terribles prédateurs adaptés aussi bien au Vide qu’aux éthers du Phlogiston, le monde  géant est un territoire de chasse où le peuple ancien attire de nombreuses créatures élémentaires imprudentes afin de s’en repaître. Les N’uru’N sont prudemment restés au sein de leur territoire lunaire, formé de douze astres régulièrement attaqués par les monstres géants. Les Kzal’Tuonhruu, les Seigneurs des Bourrasques, règnent sur ce domaine.

Kolorn’Taznal est la planète médiane du système de Chenaï, ses dimensions rivalisent avec celles du soleil blanc, et son influence gravitationnelle affecte les mondes situés au plus loin de l’étoile Kzal’Kyorn. Territoire des méduses géantes Yalavaruu, Kolorn’Taznal fut très tôt considéré comme le terrain de chasse de tous les peuples du Vide, en mesure de risquer leurs navires à travers les terribles tempêtes de la haute atmosphère, pour capturer les créatures géantes. Les Kzal’Tazohnruu, les Seigneurs des Volutes, règnent sur pas moins de soixante lunes et sont les Gardiens du Nexus des éléments infinis.

Vahorn’Vahnoc, quatrième monde géant du système de Chenaï, fut longtemps le principal domaine Treel au sein de l’Agrégat de Chelonn. Ses onze lunes sont immobiles au sein du Vide, en équilibre sur des singularités gravitationnelles et abritant désormais les communautés sous l’autorité des Kzal’Vaohnruu, les Seigneurs du Vide.

Le monde le plus éloigné de Kzal’Kyorn se nomme Anolm’Ahnrom. Ses volutes noires renferment un noyau planétaire formé d’un énorme rubis criblé de cavernes où les voyageurs les plus intrépides peuvent découvrir de nombreux vortex élémentaires. Les sept lunes d’Anolm’Ahnrom forment le domaine des Kzal’Ahnoruu, les Seigneurs des Nuées, qui protègent également de mystérieux sanctuaires érigés par leurs plus lointains ancêtres, et seraient la source d’étranges pouvoirs sur les éléments.

 

Histoire de Chenaï : Ce sont les Reigar Amla’drizzin qui découvrent les premiers la Sphère de Chenaï. Leurs dons magiques sont moindres que ceux de leurs pairs, et leur principale préoccupation est de se déplacer à travers le Plan Matériel Primaire afin d’assister aux plus beaux phénomènes cosmiques. Nomadisant à travers l’Agrégat de Chelonn, ils découvrent le Nexus des éléments infinis, alors à l’état embryonnaire, et décident de l’explorer. Malheureusement, les Reigar ne sont pas destinés à emprunter cette voie, et la plupart sont anéantis par les énergies déchaînées du Nexus. Les quelques rescapés perdent leur capacité de Saut interstellaire et se voient isolés sur la petite lune de Kohnluu, où ils fondent une communauté se développant sur quelques générations, avant de disparaître à la suite de plusieurs passages des Marées élémentaires.

 

Bien du temps s’écoule, avant que des éclaireurs Treel ne retrouvent le chemin de Chenaï. Les difficultés pour pénétrer dans ce système depuis le Phlogiston réduisent fortement les capacités d’incursion Treel. Plusieurs petites colonies sont établies sur les lunes de Vahorn’Vahnoc, mais les puissantes perturbations gravitationnelles, ajoutées aux phénomènes élémentaires destructeurs, contraignent les Treel à développer de coûteux boucliers psioniques autour de leurs communautés.

Lorsque viennent les Clydön, les Treel n’offrent qu’une faible résistance et se retirent de ce système. Les Conquérants cherchent eux aussi à s’établir sur les lunes les plus éloignées du soleil blanc, qui est selon eux la source des terribles Marées. Ils assemblent un Anneau de translation dans l’ombre de la lune plus tard nommée Oruhn, puis développent des comptoirs marchands en mesure d’approvisionner en minerais rares des mondes lointains de leur grand empire en expansion. Comme leurs adversaires cependant, les Clydön ne parviennent pas à prospérer au sein du système de Chenaï et finissent par renoncer aux territoires de cette Sphère de cristal.

 

Les N’uru’N eux-mêmes ignorent tout de leurs origines, mais il est certain que Treel et Clydön n’ont jamais fait mention d’un tel peuple durant leurs explorations du système. Malgré ce mystère, leur civilisation se développe autour des vortex élémentaires, abondant comme partout ailleurs au sein de l’Agrégat de Chelonn. Comment les petites tribus isolées sur des lunes très éloignées les unes des autres purent développer une culture commune ? Cela aussi reste un mystère. Mais le temps que les N’uru’N évoluent suffisamment au sein de cet environnement hostile, ils finissent par acquérir les pouvoirs magiques nécessaires pour voyager à travers les vortex.

 

Le légendaire Empire de N’uhen’sharnoc (8313 ci) né de l’union d’une centaine de tribus disséminées à travers tout le système de Chenaï. Les N’uru’N se distinguent des autres peuples des Sphères Connues par leur besoin d’unir leurs forces, sans jamais menacer le développement de leurs pairs. Bien entendu, il en va tout autrement face à des cultures étrangères, mais ce trait favorise une diffusion rapide de connaissances mystiques communes, qui amènent les esprits les plus brillants à concevoir un moyen de voyager au sein des Plans élémentaires.

Le N’uhen’sharnoc est connu des sages contemporains sous le nom d’Empire errant des sphères élémentaires. C’est en effet durant cette période de leur Histoire que les N’uru’N forgent les Orbes élémentaires, un moyen de transport en mesure de naviguer à travers les différentes réalités primordiales, en se nourrissant de leurs énergies. Les Orbes sont assemblés au sein de l’Ethérée, en des lieux désormais oubliés de tous, mais nommés Forges de Qwalec. De grands flux migratoires poussent les N’uru’N à négliger leurs territoires lunaires, pour leur préférer les Demi-plans où les plus puissants peuvent manipuler directement la réalité à leur guise. Grâce aux Orbes élémentaires, les N’uru’N explorent les Plans primordiaux et s’établissent en des lieux dont ils deviennent rapidement les maîtres.

Au sein des Sphères Connues règnent toujours les Clydön, mais l’autorité de ces derniers est de plus en plus fréquemment contestée, par de jeunes peuples dont les plus hardis explorateurs parviennent à atteindre les Sphères de l’Agrégat de Chelonn. Certains découvrent le système de Chenaï et la mystérieuse civilisation N’uru’N. Les récits de ces individus décrivent de grandes métropoles lunaires abandonnées, quelques rencontres avec de petites tribus vénérant les forces élémentaires, mais sans aucune connaissance du Vide. Les N’uru’N sont ainsi laissés en paix et nul en ce temps ne soupçonne la grandeur de leur empire élémentaire.

 

En 10616 ci, une légion de créatures du Feu et du Magma frappe cruellement l’empire N’uru’N. Les colonies situées sur ces deux Plans élémentaires sont anéanties, et l’Emir Efrit Doroolg lan’Kwivoor parvient même à mener des incursions au sein des Forges de Qwalec. Les principaux ateliers où sont assemblés les Orbes élémentaires sont ravagés, et les N’uru’N se retrouvent rapidement isolés à travers les Plans. L’Empire de N’uhen’sharnoc se disloque, au fur et à mesure que les communautés N’uru’N se voient menacées par d’anciens alliés, ou des ennemis vindicatifs. Les derniers Orbes élémentaires sont finalement détruits, et seuls des individus maîtrisant des pouvoirs particuliers peuvent voyager à travers les vortex. La Quête de la Lignée est une formidable aventure, menée par les plus grands héros de leur temps, visant à retrouver ceux des N’uru’N en mesure de voyager intuitivement à travers les dimensions. Peu nombreux, souvent menacés par de terribles créatures élémentaires, ces individus prennent rapidement conscience de leur rôle possible dans la survie de leur peuple, et acceptent de se rassembler dans la cité lunaire de Kohnruu, où ils fondent une grande dynastie, celle des Kzal’Zolohnruu, les Seigneurs des Vortex.

 

Ces puissants seigneurs ne possèdent pas les pouvoirs de leurs successeurs, qui traverseront le Nexus des éléments infinis, mais leurs dons innés permettent de rallier les communautés éparses et de faire migrer leurs populations isolées vers les anciens domaines lunaires. En 10997 ci né l’Empire de K’zolohnruu, rassemblant un tiers des lunes du système de Chenaï, sous la férule des Kzal’Zolohnruu. Nombre de N’uru’N rapatriés par les Seigneurs des Vortex refusent de servir ces derniers et fondent de petits royaumes autonomes, les Enclaves N’uohnruu.

Un siècle après sa fondation, le puissant empire des Kzal’Zolohnruu est assaillie par des coalitions d’entités planaires redoutables, les Dragons élémentaires de Myargaan. Les créatures maîtrisent un large panel de forces mystiques et frappent sans prévenir. Des cités sont dévastées, nombre de seigneurs N’uru’N périssent en tentant de repousser ces envahisseurs, et il faut toute la bravoure d’une poignée de héros des Enclaves N’uohnruu pour endiguer le flot incessant d’ennemis draconiques. Cette guerre permet de rapprocher les communautés N’uru’N et l’Empire de K’zolohnruu renaît plus fort qu’auparavant.

 

En 12974 ci, la Grande Conjonction des Plans transforme à tout jamais la destinée des N’uru’N. Leur grand empire s’est développée au sein du système de Chenaï, mais les Kzal’Zolohnruu appréhendent d’étendre leur domination sur les Plans élémentaires, à travers lesquels leurs ancêtres frôlèrent l’extinction. La Grande Conjonction des Plans est ailleurs perçue comme une catastrophe sans précédent, l’ultime malédiction bannissant les Puissances du Plan Matériel Primaire pour des siècles. Mais pour les N’uru’N, cet évènement éveil le Nexus des éléments infinis, jusqu’alors connu comme un vortex inaccessible au sein du Vide. Un déchaînement de forces élémentaires balaie tout le système de Chenaï, mais ne provoque que peu de dégâts au sein de l’empire, les lunes étant alors protégées par les planètes géantes.

De nouveaux vortex naissent simultanément, en des lieux connus des N’uru’N, ils mènent au sein du Nexus mais seuls ceux possédant un potentiel particulier peuvent s’y aventurer sans périr. Une nouvelle ère débute, durant laquelle les plus audacieux risquent leur existence en échange du contrôle sur un élément. La majorité de ces nouveaux seigneurs ne reviennent pas au sein de la Sphère de Chenaï, laissant encore régner les Kzal’Zolohnruu pour un temps, mais déjà, les plus ambitieux convoitent désormais le Multivers, sur lequel ils possèdent une emprise.

En 13124 ci survient l’Appel à la Croisade des Plans. Les Kzal’Tanhruu en sont les initiateurs, et leur vibrant hommage aux valeurs N’uru’N rallie à leur cause la grande majorité des jeunes seigneurs des éléments. Dès lors, la civilisation N’uru’N s’illustre par de rapides conquêtes à travers les Plans élémentaires, puis au sein des Plans de la Roue, où leurs formidables légions sont cependant repoussées. La Croisade des Plans est cependant éternelle, elle exhorte les seigneurs N’uru’N à transcender leur condition pour s’élever vers des formes élémentaires supérieures, tandis que le Nexus des éléments infinis offre toujours aux audacieux l’opportunité de pouvoir maîtriser une force multiverselle.

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Catégories : Les Plans Primordiaux, Les Sphères Connues, Sphères de cristal | Étiquettes : , , | 2 Commentaires

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2 réflexions sur “La Sphère de Chenaï

  1. j’aimerai bien voir les stat derrière tout ça. Je sais que tu n’aimes pas ça, mais si tu as du temps pour envoyer par mail…

    • j’ai pas mal de stats, mais en effet, je déteste ça. Qui plus est, je me limite à l’écriture du background pour pouvoir ensuite poser mon propre système, plus narratif que simulationiste.

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