Junatlan, l’Immensité céleste

Prédominantes planaires : Loi, Air, Vide.

Junatlan est réputé être le premier des Plans de la Roue ancienne à s’être formé, peu après la fin de la Coalescence. Les âmes des Junan y auraient amenés une certaine forme de stabilité.

Pour les voyageurs qui s’aventurent en ce lieu, la découverte de l’immense ciel infini peut faire croire à une incursion au sein du Plan élémentaire de l’Air. Mais rapidement, la chute au sein de  cette étendue céleste s’achève au sein d’un néant glacé, semblable au Vide du Plan Primaire, mais sans aucun astre ni éthers.

Junatlan est depuis longtemps le territoire de la tribu planaire Junaruu, des Incarnés ailés se rassemblant au sein d’immenses constructions façonnées à partir d’une soie arachnéenne aussi solide que l’acier. De véritables archipels de ces constructions sont portées par les vents froids et puissants de Junatlan, tandis qu’une faune essentiellement native des Plans de l’Air et du Vide a trouvée ici un terrain fertile où prospérer.

Histoire planaire : Les îles de matières planaires qui formeront par la suite Junatlan sont rapidement peuplés par des entités possédant de vagues souvenirs provenant de la culture Junane. Ce point commun leur permet de rester soudés durant les cataclysmes menaçant les Plans extérieurs en gestation.

Finalement, lorsque les entités spectrales ayant survécus à la Coalescence se rassemblent, celles ayant des souvenirs communs des Junan se consacrent secrètement à un appel vers ceux qu’ils considèrent comme leurs ancêtres, les descendants des Junan encore vivants au sein du Plan Primaire. Peu nombreux, mais particulièrement curieux au sujet de ce murmure provenant de réalités par-delà l’Astral, ils consacrent d’importantes ressources afin d’élaborer une solution pour assurer la survie de ces esprits désincarnés.

Les entités spectrales nées des Junan patientent autant qu’elle le peuvent, mais bon nombre d’entre elles sont englouties dans l’Astral, tandis que d’autres êtres n’hésitent pas à devenir des Incarnés, en tuant des êtres vivants à distance. Certains adoptent cette solution, acquérant ainsi des âmes Reigar  et les façonnant en entités nouvelles. Mais la majorité choisie d’attendre le fruit de la Haute-Science Junane, qui ne tarde pas à arriver, sous la forme de réceptacles artificiels dans lesquels les entités spectrales peuvent s’incarner. Prenant le nom de Junaruu, ils formes une tribu planaire différente des autres, s’établissant rapidement au sein de l’étrange ciel infini qu’ils baptisent Junatlan. Les autres tribus les considèrent comme étranges, dangereux de par cette culture commune qu’ils ont conservés depuis des temps immémoriaux. Mais les Junaruu ne sont pas les Junan ; Aucun ne maîtrise les Hautes-Sciences, et leur nouvel environnement limite fortement leur expansion. Qui plus est, leurs réceptacles ne peuvent que difficilement être reproduits à partir des matériaux disponibles à travers les jeunes Plans Extérieurs.

Pour leur part, ceux ayant acceptés de s’approprier des âmes mortelles séjournent un temps au sein du Moyeu, observant de loin les exactions de la neuvième tribu autour des groupes de ceux qui deviendront bientôt les Puissances. Redoutables mais trop peu nombreux, ils deviennent des nomades, et se réfugient eux aussi dans Junatlan. Sous le nom de Junatoom, ils restent en marge de la société Junaruu mais parviennent finalement à se faire accepter au sein des plus petites communautés des sphères soyeuses, les premières métropoles de ce Plan d’existence. Toujours considérés comme des parias, ils n’en voient pas moins leur espèce proliférer, tandis que d’une génération à l’autre, ils s’imprègnent des énergies planaires.

Les réceptacles artificiels des Junaruu finissent par subir de plus en plus fréquemment de graves défaillances. Façonnés au sein du Plan Primaire, ils se dégradent dangereusement au contact de forces magiques uniques. Les Junaruu deviennent de moins en moins nombreux au sein de leurs cités sphériques portées par les vents froids de Junatlan. Ils assistent impuissants à l’extinction de leur espèce, tandis que les Junatoom s’approprient leurs espaces. Finalement, il ne reste plus qu’une poignée de Junaruu, et lors d’une ultime cérémonie mobilisant les plus grands chefs, il est décidé que le nom de la tribu disparue deviendra celui que porteront fièrement les Junatoom.

La Seconde tribu planaire des Junaruu continue à se développer au sein de l’Immensité céleste tout en veillant à ce que les autres êtres peuplant désormais les Plans voisins ne mènent pas d’incursions au sein de leur territoire. Du fait de ses lois planaires, Junatlan reste grandement épargnée par les attaques de forces belliqueuses, mais de nouveaux seigneurs apparaissent régulièrement, venant faire démonstration de leurs formidables pouvoirs devant les Junaruu. Ces derniers ne sont toutefois pas en reste, car pas moins de cinq chefs tribaux engendrent de nouvelles lignées d’Incarnés imprégnés de dons surnaturels.

Avec le temps, les Junaruu développent cependant une spécialité se déclinant en de nombreuses variations, mais au travers de laquelle ils sont aisément identifiés à travers les Plans Extérieurs. Leurs pouvoirs sont en effet tous liés au principe de l’Ordre, et leurs détenteurs peuvent stabiliser les forces planaires pour mieux les manipuler. Dérivé des souvenirs qu’ils ont conservés des Hautes-Sciences de leurs lointains ancêtres Junan, ils comprennent qu’il leur faut user de ce pouvoir, l’Ordonnancement, afin de transformer profondément les Plans Extérieurs.

La tribu planaire se scinde en nombreuses communautés, chacune dominée par un puissant seigneur ayant la capacité d’altérer son environnement tout en favorisant le développement de ses vassaux. Les âmes des Junan sont peu nombreuses à traverser l’Astral jusqu’à Junatlan, mais bien d’autres entités découvrent l’Immensité céleste et choisissent d’y séjourner en tant que Suppliants. Et c’est grâce à ces migrations d’âmes foncièrement inclinées vers la Loi que les seigneurs des Junaruu peuvent concevoir leur grande croisade de l’Ordre.

Tielcoo-Naarnil, de la jeune tribu Junaruu des Naaruu, est l’instigateur de ce grand mouvement de forces à travers les Plans Extérieurs. Persuadé que l’Ordre et la Loi doivent maintenant prévaloir sur les forces anciennes ayant amenées la création des huit réalités nouvelles, il parvient à mobiliser ses pairs dans une grande croisade qui déferle sans prévenir. Les Plans de Kimandja et d’Uru-Naraa sont envahis, car leurs habitants possèdent quelques affinités avec les principes défendus par les Junaruu. Mais la résistance est violente, les seigneurs des grandes tribus planaires comprennent que de telles incursions ne pourront rien amener de probant sur le long terme. Quelques succès sont toutefois à porter au crédit des envahisseurs ailés, ce ne sont pas véritablement des conquêtes militaires, mais plutôt de sensibles altérations dans les principes philosophiques de leurs adversaires. Et ce simple changement d’axiomes permet de renforcer nettement l’influence des seigneurs Junaruu.

La croisade se poursuit donc, durant de longues années. D’autres Plans Extérieurs subissent les incursions des servants de l’Ordre, sans que de grandes batailles ne soient jamais remportées par quiconque. Jusqu’à ce que finalement, les puissants seigneurs ailés n’atteignent Reg’Naruu. Les grands principes philosophiques des Plans de la Roue ne sont pas clairement définis en ce temps, mais il apparaît comme évident que Reg’Naruu se trouve à l’opposé de toutes les croyances Junaruu. Le Plan extérieur est le domaine de la terrible tribu planaire Reg’Valaa, dont les seigneurs ont les souvenirs des plus puissants Mages du Plan Primaire. Territoire de pure magie, Reg’Naruu se révèle réfractaire à la moindre tentative d’Ordonnancement de la part des envahisseurs.

Une grande bataille à lieu, au cœur des terres changeantes de Reg’Naruu et opposant des représentants des huit tribus planaires. Nombre de héros sont tués, les forces magiques déchaînées en viennent à profondément  altérer la réalité locale, ouvrant soudainement un passage vers d’autres dimensions, plus sombres, plus anciennes que les Plans Extérieurs. Dans leur folie, les tribus ont ouvert un passage vers le Royaume Lointain. D’effroyables entités ne tardent pas à émerger de la plaie béante ouverte par les habitants des jeunes dimensions. Les adversaires doivent tous s’unir, afin de repousser les premiers monstres gigantesques qui émergent de cet au-delà innommable.

Grâce à leur capacité d’Ordonnancement, les Junaruu parviennent à élaborer un labyrinthe planaire au sein même d’une nasse inextricable façonnée par leurs rivaux Reg’Valaa. Les horreurs du Royaume Lointain sont ainsi contenues, mais certaines sont parvenues à s’insinuer au sein même des Plans Extérieurs, elles seront à l’origine de bien des tourments à venir.

Malgré tout, la menace que le Royaume Lointain a fait peser sur les tribus planaires à provoquée une prise de conscience globale ; Les portails planaires sont clairement trop aisés à ouvrir, les frontières des grands domaines sont poreuses, et les combattants tribaux insuffisamment aguerris. Chacun retourne panser ses plaies au sein de son Plan natal, et pour longtemps, chaque tribu planaire se contente de prospérer à l’écart des autres. Les plus nostalgiques ayant connus cette époque la nommeront l’ère des tensions apaisées.

Mais déjà, un nouvel ennemi se manifeste. Au sein du Moyeu, les Junaruu connaissaient l’existence d’une neuvième et mystérieuse neuvième tribu. Ils découvrent avec effarement que les membres de celle-ci ont favorisés l’émergence de communautés détentrices de pouvoirs rivalisant avec les dons tribaux. Bien pire encore, ces êtres se sont baptisés les Puissances, et sont en mesure de manipuler les possibilités afin de plier le réel à leur volonté.

Les Junaruu s’inquiètent de l’avènement d’une nouvelle forme de désordre et de chaos au sein des Plans Extérieurs. Les plus puissants se rassemblent et envoient des observateurs, afin d’étudier ces Puissances. Il ne faut pas longtemps aux Incarnés de Junatlan pour découvrir que, si certains de ces êtres ont adoptés une philosophie très proche de la leur, d’autres sont sans aucun doute des agents de l’Entropie. Quelques Puissances favorables à la Loi sont approchées, de timides tentatives d’alliances et d’échanges sont faites. Mais il semble que les deux espèces soient bien trop différentes pour s’entendre sur le long terme.

Lorsque la Grande guerre planaire éclate, les Junaruu sont relativement épargnés par les Puissances, qui voient en eux des êtres suffisamment sages pour céder des territoires de Junatlan et tenter de cohabiter. Et dans un premier temps, un équilibre est trouvé. La grande tribu planaire des Junaruu cohabite avec les Puissances du Ciel, de l’Air et du Vide. Les échanges sont nombreux et permettent de renforcer les domaines planaires de seigneurs ailés toujours plus nombreux.

Mais finalement, il apparaît que les Puissances ont un lien très fort avec les civilisations du Plan Primaire. Les Suppliants viennent à eux en nombre de plus en plus grand, tandis que les domaines tribaux sont délaissés par les âmes des défunts mortels. Les Junaruu finissent par suivre l’exemple de leurs homologues des autres Plans Extérieurs, ils font serment de vassalité aux Puissances, intégrant leurs domaines planaires aux Royaumes toujours en expansion, conservant une certaine indépendance, mais devenant les serviteurs des nouvelles déités de Junatlan.

Plusieurs seigneurs Junaruu refusent cependant cette voie jugée déshonorante, ils forment une coalition redoutable et s’isolent totalement de leurs frères et sœurs. Leurs cités volantes sillonnent en permanence la bordure entre le Ciel et le Vide, et pas même les Puissances n’osent alors exiger quoi que ce soit de ces ombrageux gardiens de traditions anciennes.

Parmi les premières Puissances à occuper Junatlan se trouve le couple Enlil et Ninlil, qui formeront avec d’autres le panthéon Annuna. Mais en ces temps reculés de l’Histoire des Plans Extérieurs, ils sont les meneurs d’une centaine de Puissances aux capacités moindres. Leurs suivants mortels sont de plus en plus nombreux au sein des Sphères de cristal du Plan Primaire. Par-delà l’Astral et les Portes célestes, la Troisième Guerre des Sphères (~110 000) vient de s’achever, et les Puissances commencent à se manifester sous des formes amoindries d’Incarnés. Au cœur de leur grande métropole de Nibruu, le couple divin a su développer une civilisation ordonnée, rigide et disciplinée qui rayonne au sein de nombreuses cultures primitives du Prime.

C’est le Grand prêtre de Nibruu qui est le premier à percevoir l’émergence d’une menace diffuse. Aloctu Dar’Nierga est un Mandaté, ancien Suppliant imprégné par la gloire des Puissances, il peut ressentir tout danger pesant directement sur ses divinités. Pour lui, la menace vient de cet étrange territoire qu’est le Vide. Un lieu où même les Junaruu ont depuis longtemps choisi de ne pas évoluer, et où seules quelques Puissances commencent à fonder de fragiles Royaumes sans Suppliants. Des héros sont dépêchés, à leur tête se trouve le futur dieu solaire Utu. Ils traversent les domaines tribaux avant d’atteindre le territoire des Junaruu dissidents. Grâce à son charisme, Utu parvient à leur soutirer des informations concernant une mystérieuse peuplade du Vide. L’enquête permet de finalement découvrir que des Junan du Plan Primaire ont trouvé un moyen de migrer en masse via l’Astral, emmenant avec eux leurs nefs et l’ensemble des Hautes-Sciences. Malencontreusement, la présence de ces mortels sous leur forme de Primes ne leur permet pas d’être acceptés par les lois planaires locales. Inexorablement, les Junan dégénèrent, tant physiquement que mentalement.

Lorsque Utu approche ces êtres sur le déclin, il perçoit leurs armes, spécifiquement élaborées pour attaquer les Puissances.

Une grande guerre ébranle alors Junatlan, opposant les seigneurs de ce Plan à de redoutables envahisseurs maîtrisant des pouvoirs inconnus en ce lieu. Les Junaruu indépendants finissent par se rallier à leurs lointains ancêtres et agrandissent durablement leur territoire. La Guerre des Juna, comme elle sera connue plus tard, amène de jeunes Puissances à s’incliner face aux Hautes-Sciences des mortels. Ce sont ces entités divines qui étudieront le savoir des Junan, afin de le combiner avec les mystères planaires.

Finalement, comme pour les anciens Reigar, une solution radicale est employée contre les envahisseurs; Une malédiction dévoreuse de chairs, lancée sur les nefs organiques et leurs équipages. En quelques instants, la guerre s’achève, mais l’influence des Junan perdurera longtemps, grâce aux Hautes-Sciences qui resteront un terrible héritage.

Avec le temps, de nouvelles Puissances du Ciel, de l’Air et du Vide fondent des Royaumes, où se rassemblent des Suppliants, mais également des communautés de Planaires, attirés par la grandeur et la discipline de ces domaines. Les Junaruu, pour leur part, profitent maintenant des pouvoirs octroyés par leurs Puissances. Les anciens serments d’allégeances sont toujours de rigueur, mais bien peu souhaitent conserver des traditions anciennes, sans valeur au sein de Royaumes aux lois très stricts. Hormis quelques individus solitaires, la majorité des Junaruu ont abandonnés leur culture tribale pour s’intégrer aux civilisations des Royaumes, dans lesquelles ils occupent d’importantes fonctions.

Ils sont les messagers des dieux, en charge de traverser l’Astral et d’apporter la parole sacrée aux peuples les vénérant. L’Âge spirituel (~100 000) vient de débuter au sein des Sphères, et de puissantes civilisations louant la Loi et l’Ordre s’établissent durablement sur des mondes qu’elles influenceront pour des millénaires.

Royaumes : Junatlan abrite trois grands panthéons qui subissent tous de profonds changements après le Scellement. Leurs Royaumes sont rassemblés au sein de l’Immensité céleste, à l’exclusion du terrible Vide, qui préfigure Mechanus. On note trois grandes ères communes pour ces Royaumes divins ; Une ère dite de l’Autorité tutélaire, durant laquelle règnent les Puissances majeures des panthéons Junatlan, lui succède une ère des Réclamations, pendant laquelle les Puissances vassales se déchirent pour prendre la succession de leurs parents, préparant leur exode vers les nouveaux Plans Extérieurs. Et enfin, l’ère du Scellement, qui voit le déclin de la majorité des divinités anciennes et l’émergence d’un nouvel ordre au sein de l’Immensité céleste.

Nibruu, la cité originelle des Puissances Enlil et Ninlil est également connue sous le nom de Cité des Vents,car si elle est constituée de massifs bâtiments façonnés en cristal et en pierre blanche, elle ne repose sur aucune assise solide, et ses places sont en réalité de larges puits donnant sur l’Immensité céleste.

Deux hautes ziggourats se dressent au centre de l’immense métropole venteuse, elles sont les demeures des deux divinités protectrices du Royaume, qui désormais ne se résume plus à l’unique métropole mais à un ensemble de communautés reliées par de larges routes cristallines. Chacune de ces nouvelles communautés est un futur Royaume en devenir, pour les Puissances encore vassales d’Enlil et Ninlil, les Ennanin. Nibruu, pour sa part, héberge une grande concentration de portails planaires, menant essentiellement à d’autres Royaumes au sein de Junatlan, mais également en différentes contrées du Moyeu, et même vers d’autres Plans Extérieurs. Nibruu reste longtemps une croisée planaire majeure, bien que les arpenteurs de passage évite autant que possible de s’attarder en ces lieux aux lois rigides et innombrables, où les inquiétants Junaruu aux ailes cristallines veillent à faire respecter une justice sanctionnant le moindre écart.

La caste cléricale de Nibruu règne sur les affaires temporelles du Royaume, encadrée par une poignée de Mandatés le plus souvent envoyés par les Puissances en missions diplomatiques, ou à la tête de la Légion des Vents, une redoutable force d’Incarnés et de Planaires triés sur le volet. Le Grand prêtre de Nibruu est la première autorité au sein de la métropole, il réside dans l’une des sept ziggourats entourant les demeures divines. Les six autres édifices hébergent l’Intendant des palais divins, le Sénéchal de la grande armée de Nibruu, et quatre Junaruu ayant participé à la fondation du Royaume, les Quatre Majestueux, que le peuple ne voit plus guère. Les Sept gardiens des traditions sont sensés se réunir régulièrement afin de deviser sur l’avenir du Royaume, régler les affaires urgentes et dispenser la justice. Mais comme les quatre Incarnés amis des dieux ne se montrent jamais, toute la charge repose sur les trois autres, qui se partagent volontiers les tâches.

A son apogée, la Cité des Vents abrite une cinquantaine de Puissances mineures, rassemblées au sein des quartiers extérieurs. Ces divinités appartiennent au panthéon des Ennanin, et se contentent de régner sur les faubourgs de la vaste métropole. Leurs ziggourats sont de tailles modestes et leur culte se limite à un monde du Prime, fréquemment une culture ancienne n’ayant su se développer au-delà de sa région natale. Ces Puissances mineures n’ont généralement pas de Mandatés, peu de Suppliants, et consacrent leur existence à entretenir leur position au sein de la Cours des Vents, où siègent Enlil et Ninlil. Au fil du temps, leur puissance décroît avec la disparition de leurs fidèles au sein du Plan Primaire, et seules trois d’entre elles survivent au Scellement de la Porte de Junatlan. Leurs déités tutélaires ayant abandonnées Nibruu pour devenir membre du vénérable panthéon Annuna, ces trois divinités mineures prennent le nom de Damusalsu et deviennent les gardiennes des antiques valeurs en vigueur au sein de la vaste métropole. Malgré le Scellement, plusieurs portails planaires restent ouverts, et Nibruu conserve sa position au sein des Plans de la Roue ancienne. Sous leur règne, les sept grandes ziggourats sont désertes, et ce sont leurs propres prêtres qui tentent de maintenir l’ordre dans les rues comme dans les âmes. Les temples jumeaux d’Enlil et de Ninlil sont également abandonnés, mais il arrive que l’une de ces Puissances n’intervienne parfois dans ce qui reste leur Royaume originel.

Nibruu conserve une haute réputation pour son artisanat, spécialisé dans la taille du cristal et du marbre. Les membres de l’antique Ligue Juna-Saruu sont rassemblés dans un quartier sous leur autorité, et après le Scellement, leur corps de métier représente l’un des nouveaux pouvoirs en mesure de faire respecter les préceptes des Damusalsu. A cette époque, la Légion des Vents est réduite à quelques guerriers aguerris, dirigés par l’un des derniers Junaruu encore présent dans la cité. Le pouvoir clérical est partagé entre les trois cultes Damusalsu, la charge de Grand prêtre de Nibruu est sensée être alternée entre les maîtres de ces trois cultes, mais il est fréquent que des dissensions amènent l’incertitude sur qui règne sur l’aspect religieux au sein de Nibruu.

Mais tous les Ennanin ne séjournent pas dans Nibruu. Près d’une cinquantaine ont su attirer à eux suffisamment de fidèles, aussi bien des Planaires que des Suppliants, afin de maintenir leur culte vigoureux. Ces jeunes Puissances du Ciel et de l’Air développent leurs propres métropoles célestes, sur le modèle de Nibruu, mais sans la magnificence de cette dernière. Ces Ennanin s’entredéchirent lorsque Enlil et Ninlil abandonnent leur Royaume afin de régner au sein des seize nouveaux Plans Extérieurs. Il ne reste finalement plus qu’une douzaine de ces divinités du Ciel et de l’Air au début de l’ère du Scellement.

Parmi elles, Utu, une Puissance solaire, parvient à conserver une emprise sur un Royaume qu’il a su agrandir à force de conquêtes. Sippar est une forteresse avant d’être une cité, elle abrite un grand nombre des Junaruu ayant choisi de rester au sein de Junatlan après le Scellement. Elle est désormais considérée comme la rivale de Nibruu, et bon nombre des habitants de l’Immensité céleste observent avec inquiétude le ralliement des derniers Ennanin autour d’Utu, signe annonciateur de guerre dans le Ciel infini.

Le second panthéon d’importance au sein de Junatlan est celui du Sidawn Atlan, rassemblant les mystérieuses déités du Ciel Obscur. Les descendants des cultures natives de ce qui est désigné comme l’ensemble des Sphères Connues ignorent tout de ces étranges divinités cristallines et de leurs fidèles. Malgré d’intensives recherches, jamais aucun Arpenteur n’a pu trouver des traces tangibles de ces Atlan’nuruu au sein du Prime. Mais les Suppliants du Ciel Obscur sont bien là, peu nombreux, isolés au sein des sombres nuées orageuses, dans des cités célestes exclusivement constituées de cristaux aux propriétés magiques uniques.

Le Sidawn Atlan est un triumvirat d’entités cristallines, chacune possédant trois visages vaguement ébauchés et ayant une maîtrise certaine de l’Air. Indifférents aux grands évènements marquant Junatlan, les Puissances recherchent activement des adorateurs à travers les huit Plans Extérieurs. Leurs Suppliants sont en effet peu nombreux et leur apparence les rapprochent des Junan, bien qu’il semble évident que les deux espèces n’aient aucune histoire commune. Les Atlan’nuruu ne font jamais usage de magie profane et vénèrent tous leurs dieux à trois faces. Pratiquement dénués d’émotions, leur existence est rythmée par des tâches quotidiennes immuables.

Le Ciel Obscur est un Royaume isolé, en bordure du Vide mais cependant rattaché à l’Immensité céleste. Cerné par une masse orageuse permanente, il est ardu d’y pénétrer sans risque, et bien des communautés tribales Junaruu connurent des mésaventures sous le déluge d’éclairs bleutés. Les cités cristallines, au nombre de sept, semblent se nourrir de cette énergie déchaînée afin de se développer. Les Atlan’nuruu n’ont en effet aucun don pour l’artisanat, et laissent donc leurs divinités façonner le cristal en nouvelles habitations.

Toute une faune volante s’est développée à partir de ce cristal vivant. Des grands Chelivaruu aux nuées de Razazuu, ces créatures se nourrissent également des éclairs et possèdent des ailes tranchantes comme des lames.

Après le Scellement, qui n’affecte guère le Royaume du Ciel Obscur, les divinités du Sidawn Atlan adoptent un comportement différent, alors que leurs principales communautés de fidèles sont désormais majoritairement constituées de Planaires. Les visages des Puissances prennent les traits dominants de ces communautés, et les Atlan’nuruu forment dès lors une caste de serviteurs pour les grands prêtres régnant sur chaque communauté.

Les Junaruu qui étaient jusqu’alors au service des Puissances Sidawn Atlan choisissent de rejoindre les seize nouveaux Plans Extérieurs, et plus aucun Incarné ne viendra par la suite visiter les cités cristallines.

Le Royaume des Orages céruléens perdure tant bien que mal, alors que le panthéon Sidawn Atlan devient exclusivement planaire. La civilisation Atlan’nuruu semble s’être éteinte, car plus aucun Suppliant de ce peuple ne vient habiter le Ciel Obscur. Bien que ces Puissances protectrices soient considérées comme mineures, et sans aucune alliance à travers les Plans de la Roue ancienne, le Royaume est renommé pour ses prêtres aux pouvoirs uniques, ses bêtes cristallines vendues à travers tous les Plans Extérieurs, et pour son cristal vivant.

Dans les profondeurs inexplorées du Vide, en une région qui n’est souvent même pas incluse au sein de l’Immensité céleste, se trouve un Royaume naissant, un lieu duquel jaillira dans un lointain avenir la culture Modrone. Après la Guerre des Juna, trois jeunes Puissances sont venu explorer les lieux légendaires où les Junan auraient pu mobiliser toute leur puissance. Ayant quelques connaissances au sujet des Hautes-Sciences, les divinités se perdirent au sein du Vide, et s’imprégnèrent d’étranges énergies, de murmures et de potentialités inconnues ailleurs. Au cœur des débris d’une vaste flotte Junane, ils fondèrent l’Orbe de régulation, un Royaume du Vide forgé dans des métaux uniques, une sphère vaste comme un monde du Plan Primaire, abritant leurs expériences combinatoires des Hautes-Sciences et de magies plus traditionnelles. Ils devinrent la Trinité du Vide, et appelèrent à eux les âmes des peuples anciens restés au sein du Phlogiston. Les malheureux mortels furent scellés dans des enveloppes artificielles, leur  mémoire effacée, leur volonté brisée. Un nouveau peuple voué à la Loi émergea ainsi, et il devint fort.

Mais même alors que les Puissances de la Roue ancienne assistaient à l’Expansion des Plans Extérieurs, amenant la fin de bon nombre de leurs Royaumes, bien peu avaient alors conscience de l’existence d’un tel peuple, fait de métaux rares, dominés par trois volontés inflexibles, soucieuses de discipliner les forces par trop chaotiques des Plans.

Sites notables : Les propriétés planaires de Junatlan peuvent sembler, de prime abord, impropres à l’éclosion de la Vie, même sous des formes exotiques. Il n’en est rien. En effet, l’Immensité céleste fut très tôt le domaine tribal des Junaruu, qui s’y adaptèrent et puisèrent en ses énergies des possibilités afin de s’y établir durablement. Une faune variée y a été attirée, de par sa ressemblance avec le Plan élémentaire de l’Air, et plusieurs espèces planaires sont désormais à la source de matières premières utiles, comme la soie arachnéenne des Vanoruu, étranges araignées translucides portées par les vents, tissant de complexes réseaux soyeux dans le ciel.

Le nom de ces êtres incroyables a d’ailleurs été donné au premier orbe volant des Junaruu, qui ont appris en son sein à développer des techniques de tissage uniques. Vanoruu est ainsi la plus ancienne cité sphérique de Junatlan, et de par sa longue histoire, elle reste encore maintenant le lieu de rassemblement de ceux qui perpétuent les valeurs tribales.

Parfait exemple de ce que furent les nomades planaires aux premiers jours de la création de Junatlan, la cité est composée de plusieurs orbes imbriqués, façonnés à partir de centaines de milliers de filaments soyeux tissés entre eux. De fines passerelles permettent de relier entre elles d’autres sphères, formant des quartiers d’habitation et des lieux de vie. Le cœur de Vanoruu est un grand espace ouvert sur le ciel dans toutes les directions, les anciens le nommait Orbe de la Parole, car il était un lieu de rassemblement, où se réglaient les litiges entre habitants.

Destiné à des êtres ailés, ou habitués à évoluer dans un espace tridimensionnel, la cité volante est resté un modèle pour toutes celles qui furent par la suite bâties par les Junaruu. L’unique modification majeure apportée aux plus récentes sphères tribales est l’adjonction d’un zocalo, permettant aux arpenteurs planaires de faire un peu de négoce.

Les araignées Vanoruu ne sont pas les seules à fournir un matériau de choix pour les orbes volants Junaruu. La base alimentaire de ces derniers provient en effet de larves juteuses d’un autre insecte, le coléoptère Suoruu. Capturé dans les fils arachnéens, il pond des grappes d’œufs qui donnent les larves dont se nourrir pendant longtemps les communautés tribales. Avec l’avènement des Puissances et des influences de civilisations du Plan Primaire, une grande variété culinaire vint remplacer cette frugale coutume.

Comme toutes les autres cités volantes des Junaruu, Vanoruu suit une trajectoire parfaitement prévisible et immuable. Lancée à grande vitesse, elle reste cependant difficile d’accès pour ceux n’ayant pas la capacité de se mouvoir très rapidement au sein de l’Immensité céleste. C’est pour cela qu’elle est restée longtemps sous la coupe de seigneurs ailés refusant le règne des Puissances.

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